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Compte-rendus des corridas

Compte-rendus des corridas

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Arènes d’ARLES - Feria du Riz - Corrida Goyesque - Samedi 7 septembre 2019 - Toros de Núñez del Cuvillo, Garcigrande, Adolfo Martín, La Quinta, Juan Pedro Domecq et Vegahermosa

Enrique Ponce (deux oreilles, silence et deux oreilles et queue), Juan Bautista (oreille, deux oreilles et deux oreilles et queue symbolique)

Quelle plus belle corrida d'adieu aurait-on pu vivre que celle que Juan Bautista offrit au public Arlésien. Alors qu'on aurait pu penser que Juan Bautista allait montrer un manque de condition liés au fait de son inactivité face aux toros depuis octobre 2018, il n'en fut rien et bien au contraire, il se montra à son meilleur niveau faisant penser qu'il avait réalisé une saison normale. Face à l'exigeant deuxième toro de Garcigrande, Juan Bautista étala toute sa science afin de faire rompre l'animal dans les plis dominateurs de sa muleta. Sur les deux cornes, Juan Bautista fit preuve de puissance dans des muletazos d'un tracé autoritaire qui lui permirent de toréer relâché et au ralenti. Après une demie estocade qui suivi une tentative de recibir, il coupa une oreille. Face au quatrième de La Quinta, dont la dépouille fut primée d'un tour de piste posthume, Juan Bautista donna une leçon de tauromachie. Toréant avec une grande douceur, il enchaîna les séries avec une cadence et un rythme qui soulevèrent l'enthousiasme sur les gradins. S'adaptant parfaitement aux conditions de son adversaire, Juan Bautista compris avec facilité son opposant pour en sortir la quintessence. Fils du toro Golosino, que Juan Bautista gracia dans les Arènes d'Istres lors d'un solo mémorable, le toro s'engouffra dans une muleta soyeuse. Juan Bautista écrivit un nouveau chapitre de son histoire entre lui et La Quinta dont il est le meilleur représentant. Après une estocade a recibir, il coupa les deux oreilles alors que la dépouille du toro fut primée d'un tour de piste posthume. C'est face au sixième de Vegahermosa que Juan Bautista entra définitivement dans l'Histoire taurine d'Arles, de la France et de la Tauromachie en général. Mettant en valeur le toro lors d'un tercio de piques spectaculaire, Juan Bautista, après avoir partagé les banderilles avec César Fernández et José María Tejero, toréa avec son âme. Appelant le toro de plus vingt mètres qui développa une charge vibrante, l'aspirant dans sa muleta magique, Juan Bautista écrivit sur le sable des arènes l'une des plus belles pages de la Tauromachie, dédiée à son père Luc Jalabert. Plaçant le leurre idéalement sous le museau du toro, l'accompagnant dans des muletazos de grande longueur, il donna la possibilité au toro de se grandir au fur et à mesure de la faena jusqu'à atteindre les sommets. La faena ira crescendo, torero et toro ne formant plus qu'un seul corps, Juan Bautista sur un nuage, laissa l'une de ses meilleurs réalisations. Sa muleta douce et autoritaire fit chavirer le public présent. L'intensité monta, le toro faisait preuve de transmission et Juan Bautista, au sommet de son art, obtint la grâce de cet Ingenuoso et mit un point final à sa carrière de Matador de Toros de la plus merveilleuse des façons.